VRAI, FAUX (March 25, 2014)
Mme de Villeparisis ne donnait, par grâce, bonne éducation, modestie réelle, ou manque d’esprit philosophique, que cette origine purement matérielle à sa connaissance de tous les arts, et finissait par avoir l’air de considérer la peinture, la musique, la littérature et la philosophie comme l’apanage d’une jeune fille élevée de la façon la plus aristocratique dans un monument classé et illustre. On aurait dit qu’il n’y avait par pour elle d’autres tableaux que ceux dont on a héritée. Elle fut contente que ma grand-mère aimât un collier qu’elle portait et qui dépassait de sa robe. Il était dans le portrait d’une bisaïeule à elle, par Titien, et qui n’était jamais sorti de la famille. Comme cela on était sûr que c’était un vrai. Elle ne voulait pas entendre parler de tableaux achetés on ne sait comment par un Crésus, elle était d’avance persuadée qu’ils étaient faux et n’avait aucun désir de les voir.
From Marcel Proust’s À la recherche du temps perdu, Paris: Gallimard, 1999, p. 561.